Quand le caractère de bébé s’affirme…

J’entends parler sur pas mal de blogs du « terrible two« : cette fameuse période jugée comme critique qui commence vers les 16 ou 18 mois de l’enfant, et qui peut durer jusqu’à ses deux ans.

Je lis que durant ces quelques mois « difficiles », l’enfant s’affirme. Il a compris qu’il est un être à part entière, et qu’il peut prendre ses propres décisions. Commence alors la douloureuse série des « non« , et du refus de coopérer. Aïnoha serait donc théoriquement en plein dedans. A 17 mois, son caractère s’affirme effectivement. Mais pas forcément comme je m’y attendais…

En effet pour le moment ( et là je croise tous les doigts possibles… ) Aïnoha ne s’est pas encore transformée en lionne, et reste dans l’ensemble assez conciliante.

bébé_lionceau

Pourtant, le personnel de la crèche, son Papa, et moi, avons noté une évolution de son caractère: il devient de plus en plus affirmé. Aïnoha sait ce qu’elle veut, et quand elle le veut, croyez moi il faut s’accrocher. Mais Mademoiselle a choisi d’arriver à ses fins de manière plus subtile.

Les crises, elle a bien compris que ça ne menait à rien. Ou alors elle veut économiser sa voix, je n’ai pas encore tranché. Quand elle veut un objet interdit par exemple, comme une télécommande, elle va la prendre. Visiblement le fait que je sois à côté ne la stresse absolument pas. Quand je lui enlève et lui explique que je préférerais qu’elle joue avec autre chose, elle m’ignore juste royalement. Et puis quand j’en viens à hausser plus durement le ton, elle me fait un bisou. Radical.

Je reste toujours ferme sur mes décisions, alors bien souvent, après un câlin, je confisque l’objet du conflit. Elle râle alors 30 secondes, me fait la moue, puis part au choix jouer, bouder, ou prendre un autre objet interdit ( et c’est reparti… ).

J’ai cependant une anecdote qui illustre merveilleusement le caractère borné mais doux d’Aïnoha…

Il y a quelques semaines, Mademoiselle voulait ABSOLUMENT mettre le nez dehors, malgré un froid qui en découragerait plus d’un ( et surtout moi en fait ). Devant son air attristé et son petit nez désespérément collé contre la vitre, contemplant le jardin, j’ai fondu. A peine levée, je la voyais déjà se précipiter vers son manteau, puis le prendre.

Jusqu’ici on assiste à un merveilleux échange mère-fille…

Une fois dehors, elle était aux anges. Nous avons fait une petite balade dans le quartier, puis au bout de 30 minutes, ne tenant plus ( il faisait réellement un froid sibérien ce jour-là… si si. ), j’annonce à ma princesse qu’il est temps de se diriger vers la maison. Aussitôt demandé aussitôt fait: Aïnoha accepte le demi tour docilement. Et je me vois déjà au chaud sur le canapé…

C’était sans compter sur sa détermination. Qui a dit qu’elle voulait rentrer? Une fois devant la maison, ce fût le drame. Les larmes sont arrivées de suite. Partagée entre ma culpabilité et mes mains gelées, j’ai finalement opté pour la survie: on rentre!

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Une fois le portail fermé à clé ( heureusement ) je suis rentrée à la maison, pensant naïvement que ma fille me suivrait et que nous passerions à autre chose dans la joie et la bonne humeur… Et bien non. A travers la vitre, j’apercevais Aïnoha, collée au portail, essayant de l’ouvrir avec conviction. Et ça a duré… duré… à tel point que je suis sortie deux fois, lui proposant de venir jouer. Que nenni. A sa moue, j’ai fini par comprendre qu’il valait mieux ne pas tenter de la faire rentrer de force. Parfait. J’ai respecté son choix. Après tout elle était bien couverte. Heureusement.

Je me suis donc installée confortablement, les yeux rivés sur ma fille, visiblement têtue, debout devant ce portail. Le spectacle a duré 20 bonnes minutes. 20 minutes. Je pensais sincèrement qu’elle lâcherais avant. Et j’ai été impressionnée par sa détermination. Sans larmes. Juste à essayer d’ouvrir le portail calmement. Et à râler, bien entendu.

Et puis Aïnoha a fini par rentrer d’elle -même, l’air de rien…

Ce premier épisode d’une longue série m’a montré à quel point ma fille était déjà forte, et finalement j’en suis bien contente. 

Oui, ce caractère sera sans doute parfois source de conflits entre elle et moi, mais cela ne me déplaît pas en fait. Après tout… mon propre caractère, beaucoup trop doux et conciliant à mon goût, m’a souvent pénalisée dans la vie. Surtout face à la dureté du monde professionnel…

Petite, on me faisait souvent le même compliment, enfin plutôt indirectement, on le faisait à mes parents: « Mais qu’est ce qu’elle est sage!« . Ah oui c’est certain: on ne m’entendait jamais. J’accompagnais mes parents partout, avec un livre ou un jeu, et on ne m’entendait pas. Forcément ça plaisait. Et j’en étais flattée. Mais en grandissant, j’ai finalement regretté de ne pas plus me faire entendre dans certaines situations.

Comme lorsque je mangeais chez des amis de mes parents par exemple, et que je répondais « oui » dès qu’on me demandait si j’aimais le repas. Si j’avais osé avouer que non, qu’en fait je détestais les avocats, ça m’aurait sans doute évité d’en remanger à chaque fois chez eux… « je t’ai fait des avocats, comme tu aimes ça! »… super. ( et aujourd’hui, rien que la vue d’un avocat me donne la nausée.. ).

Je vous rassure, les choses ont bien changé depuis…

terrible_two

Bref j’aimerais qu’Aïnoha sache s’imposer, qu’elle ose. Je le sais, cela passera forcément par moi puisque je suis sa première référente, mais tant pis. Ce qui m’importe, c’est que notre relation ne perde pas ses bases: la communication et l’empathie. Et bien entendu le respect.

Je constate donc chaque jour a quel point Aïnoha évolue vite, et j’entrevoie désormais la petite fille qu’elle sera.

Je sais que je vais devoir m’accrocher, car elle sera différente de la petite fille que j’ai été. Mais c’est le jeu, et je m’estime gagnante.

Quant au « terrible two« , et bien je suis prête: si il faut l’affronter alors allons-y! Vous saurez très vite si la tempête a finalement eu lieu ou pas!

Pour le moment j’accueille ses débordements d’émotions avec compréhension, et lui explique que je comprends sa colère, et que je la laisse se calmer. Inutile à mes yeux de trop m’en mêler, et d’attiser le feu. Je suis là lorsqu’elle ressent le besoin de mes bras, et l’aide ensuite à passer à autre chose. Pour le moment Aïnoha met peu de mots sur ses émotions, mais dans quelques mois, ça risque de ne pas être triste…

maman_bébé_calin

 

Et chez vous? Bébé commence à s’affirmer? Comment avez-vous géré cette étape?

 

 

 

 

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6 commentaires sur “Quand le caractère de bébé s’affirme…

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  1. Les débuts de l’affirmation.. Ce n’est pas toujours une phase facile car on ne sait pas toujours ce qu’il se joue dans la tête de l’enfant et donc… Comment l’accompagner ! En tous cas, je trouve que tu es beaucoup dans le respect de ses émotions, de ce qu’elle vit, de ce qu’elle traverse et je trouve ca très beau à lire. Et puis, avec le temps, comme tu le dis si justement, les mots vont s’en mêler. Mais je pense qu’au contraire ca va lui permettre de se faire comprendre et d’éviter les incompréhensions ! La parole va être votre alliée, je n’en doute pas 😉
    Belle journée !

    Aimé par 1 personne

  2. Ah ah, bienvenue dans le monde du Terrible Two! Pour le moment ça semble soft en effet, La Bête c’était du « non » vigoureux à toutes les sauces, pour tout et n’importe quoi, et des pleurs, des pleurs… Un bon caractère qu’elle a gardé. Quand elle ne veut pas quelque chose, elle le dit clairement et c’est tout un art de la faire plier (douceur, bienveillance et explications +++) mais l’acquisition de la parole a permis d’apaiser la plupart des colères.

    Aimé par 1 personne

  3. Ma fille a 19 mois, on entre dans le « terrible two » par la grande porte : j’ai eu l’impression que les NON sont venus du jour au lendemain. Elle sait parfaitement ce qu’elle veut, ou ne veut pas, et nous assène de « non non non non non » lorsqu’elle n’est pas d’accord avec ce qu’on lui propose/annonce/fait … j’ai réalisé qu’il fallait qu’on limite nos propres « Non » (les remplacer par « Stop ») et je m’essaie à un exercice proposé par Filliozat : dire « Oui » (« Oui, tu veux aller dehors, ça serai chouette d’y jouer s’il ne faisait pas si froid. Allez viens on dessine ! »). Mais je crois que ça fonctionne surtout avec les enfants qui maîtrisent la parole … à voir sur la durée …
    En tout cas, j’aime voir que ma fille développe son caractère et ses envies, je trouve ça très sain au final ! Même si je m’en arrache les cheveux par moment !!

    Aimé par 1 personne

    1. Oui pas facile parfois d’appliquer certaines alternatives alors que nous même… on utilise trop souvent le « non »!
      C’est un passage obligé vers leur indépendance, à nous de faire preuve de patience!
      Courage 😊

      J'aime

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