La charge mentale: et si on cassait le tabou?

Aujourd’hui j’ai envie de mettre les pieds dans le plat, et de parler d’un sujet qui me concerne particulièrement en ce moment. Un sujet qui j’en suis certaine, vous concerne aussi un peu beaucoup… n’est-ce pas?

La charge mentale. Définition simple et concise: L’épuisement de tout gérer. La charge mentale concerne tout particulièrement les jeunes Mamans ( ben tiens… ), travaillant la journée, et gérant leur foyer durant leur deuxième journée ( si si vous savez, celle que l’on nous a attribuée à partir de 17h… ). Je dis bien nous… car même si en parler et mettre des mots sur notre ressenti est difficile, la charge mentale on la ressent presque toutes à un moment de notre vie de Maman. 

Un peu de lecture… cet article résume parfaitement le concept à mes yeux.

Alors bien entendu nous ne sommes pas toutes logées à la même enseigne: certaines chanceuses ne travaillent pas ( les filles, comme je vous envie… ), d’autres ont les moyens de payer une femme de ménage ( alors vous, vous me vendez du rêve ), et d’autres, comme moi tiens, doivent travailler puis gérer enfant + maison + tâches diverses du matin au soir. Et puis il y a les Mamans solo, à qui je tire mon chapeau, que je n’oublie pas et à qui je pense bien fort.

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Nous, les wonders mums du quotidien, nous méritons bien notre statut, non? Après tout c’est prouvé, nous endossons des rôles tellement différents selon le moment de la journée:

  • Taxi: quand il s’agit de déposer un amour à la crèche ou à l’école, Maman n’est jamais bien loin…
  • Femme d’affaires: Parce qu’il faut bien survivre, super Maman doit alors enfiler ses talons et donner de son précieux temps pour garantir un train de vie que la société pourra qualifier de « correct » à sa famille.
  • Chef cuisto: Et oui, de si belles bouches il faut les nourrir. Là encore on est plusieurs catégories de cuisinières (no comment me concernant… ), mais c’est universel: on ne peut pas laisser ses enfants mourir de faim.
  • Femme de ménage: On regarde à gauche, on regarde à droite… pas de bonne à l’horizon? Normal: on a pas encore pris l’aspirateur… Allez courage.
  • Educatrice de jeunes enfants/ Nounou/ Puéricultrice. Selon l’âge des spécimens présents dans la maison, ça peut aussi varier selon l’heure.
  • Conseillère conjugale/ Psy: Pour la copine qui elle, ne nous a pas oubliée suite à sa déception sentimentale et qui n’a aucune idée de la charge de travail qui nous attend pendant qu’on l’écoute pleurer au téléphone…
  • Masseuse/ Infirmière: Parce que quand super Papa rentre du boulot, il a trooop maaal le pauvre. Il faut le comprendre: il est fatigué. On pourrait faire un effort quand même.

Bref, si nous étions payées dans chaque catégorie de métier pour les heures effectuées tout au long d’une journée, je peux vous dire que les Maldives n’auraient plus aucun secret pour nous.

Et ici au quotidien… comment se manifeste ma charge mentale?

Je vais donc témoigner en vous livrant mon ressenti. Pour commencer je vous rappelle le contexte: Un super Papa qui travaille 48h par semaine, qui rentre donc à 21h en semaine et qui travaille les week-ends. Je n’ai pour le moment qu’une petite Aïnoha de 16 mois à gérer, et un boulot à 80% qui me permet d’avoir de « petites » journées: 10h-16h30. Par contre je travaille 5 jours. Pour résumer: physiquement je suis quasiment Maman solo, puisque je dois gérer Mademoiselle certains matins et tous les soirs, plus tous les week-ends… seule.

Pas de famille ni d’amis dans la région, alors pour le coup de main bienveillant improvisé en cas de craquage c’est râpé.

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Je me considère tout de même comme privilégiée, car en effet j’ai pu réduire un peu mon temps de travail pour me consacrer davantage à ma princesse. Ce n’est pas donné à tout le monde, j’en suis consciente!

Mais tout de même… je me demande en fait comment je ferais si je récupérais Aïnoha à la crèche à 18h30 et non à 17h… Car une fois à la maison, j’ai tellement peu de répit!

Ces horaires que beaucoup considèrent comme « confortables » me font en fait énormément culpabiliser, car malgré ce confort je m’en sors à peine certains jours. En fait il n’est pas rare que je saute carrément mon repas du soir, car je n’ai tout simplement pas le temps de manger. Par « manger » j’entends « m’asseoir à table, avec assiette et couverts ». Parce que boire un bol de soupe Liebig debout, le temps que le repas d’Aïnoha chauffe ( au micro ondes… sorry… ), ça je maîtrise.

Disons que je ne m’octroie qu’un seul plaisir: MA DOUCHE. Car je ne peux vraiment pas m’en passer: sans mon démaquillage, ma dose d’eau puis mon pyjama pilou je suis tout simplement bonne à rien. Aïnoha l’a bien compris, et ce moment intime par le passé est devenu un moment de jeux et de complicité avec ma fille. Si je veux vraiment chercher la petite bête, je dirais tout de même que chanter à tue-tête « Les petits poissons dans l’eau » en me lavant et en faisant des mimiques de clown pour amuser mon petit public est légèrement plus fatiguant.

Peut-être que je chipote, peut-être que j’exagère. Mais le fait de plus avoir un instant pour moi, douche reposante ou bon repas, m’épuise après ma journée de boulot. Et pourtant… Aïnoha est loin d’être difficile à vivre. Vraiment. Patiente, douce et calme, elle ne réclame que l’amour et l’attention dont elle a légitimement besoin après une journée loin de moi. Culpabilité te revoilà…

Assaillie par cette fichue charge mentale, le linge à plier sur une épaule et Aïnoha enroulée dans l’autre bras, je m’interroge souvent: et comment elles font alors celles qui ont deux enfants ou plus? Celles qui travaillent jusqu’à 19h? Celles qui n’ont même pas d’amoureux pour les embrasser le soir et leur dire « tu as assuré« ?

Du coup je m’interdis de me plaindre. Et mes proches ne m’aident pas vraiment:  » tu finis à 16h30 de quoi tu te plains? » « Au moins toi tu as tes week-ends » « Te plains pas: ta fille fait ses nuits… ». Bref le genre de réactions qui te font garder ton ressenti pour toi. Et on le sait: tout garder pour soi… ça fait des ravages. 

Eczéma, réveils nocturnes, système immunitaire fragilisé ( abonnement pris pour les rhinos 2018/2019 ), mon corps tire la sonnette d’alarme. Mais je ne l’écoute pas: après tout, à en croire les « on dit », j’ai la vie facile non?

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Et pourtant… mes deux derniers jours d’arrêt maladie pour rhino + sinusite avec fièvre, je les ai passés à gérer Aïnoha qui était elle aussi malade ( merci ma puce de m’avoir tenu compagnie, j’allais sûrement m’ennuyer! ). Et à faire le ménage à fond, puis gérer les lessives. J’ai aussi avancé sur les cadeaux de Noël, et à effectuer les démarches administratives qui dormaient dans mon tiroir depuis des lustres. J’ai donc repris le boulot encore plus out que quand j’en étais partie. Génial.

Mais je n’ai pas pu m’en empêcher… ma conscience me criait de profiter de ces deux jours off pour m’avancer dans les corvées! Alors bêtement, j’ai obéi.

Sans le condamner, c’est quelque chose qui ne serait pas venu à l’esprit de super Papa. Lui durant son arrêt pour gastro, et bien il s’est reposé. Ce que tout être humain normalement constitué fait quand il est malade. A croire que nous les Mamans, nous ne sommes pas tout à fait humaines.

Attention je n’incrimine en rien les Papas, qui pour la plupart (et c’est notre cas aussi)  sont investis et prennent des initiatives concernant le partage des tâches. Messieurs vous êtes au top, on le pense vraiment. Mais inconsciemment, il manque aux Papas ce petit quelque chose, ce petit pouvoir magique grâce auquel les Mamans arrivent miraculeusement à tout gérer.

L’anticipation, l’organisation, la planification. Trois mots dont seules les femmes semblent connaître la définition. Et c’est bien là l’origine de leur mal être. Attention je ne souhaite en rien tomber dans le sexisme… Je n’aime pas ce genre de débats.

En ce qui me concerne, mon quotidien est bourré d’exemples concrets, car certaines missions me sont par la force des choses exclusivement réservées: 

  • Préparer les affaires d’Aïnoha pour le lendemain: veiller à ce qu’il ne manque rien dans son sac de crèche, préparer sa tenue du lendemain ( gain de temps non négligeable pour le matin…).
  • Planifier le ménage. « Demain il faut qu’on fasse le ménage »; ça c’est ma phrase.
  • Passer l’aspirateur régulièrement dans la semaine: « Mais on a déjà fait le ménage samedi, pas besoin… » Et si chéri, avec un bébé qui vit par terre il y a besoin.
  • Nettoyer régulièrement l’évier, le plan de travail, bref entretenir la maison. « Mais on a déjà fait le ménage samedi… ». Oui je sais, mais si je ne passais pas régulièrement faire ma bonne action à coup d’éponge et de chiffon c’est deux journées de ménage qu’il nous faudrait. « Mais il n’y a pas besoin c’est propre regarde« … oui, le petit lutin du ménage qui passe en secret est vraiment sympa.
  • Surveiller les dates des rendez-vous pédiatre. Un grand classique.
  • Veiller à ce qu’Aïnoha ne manque de rien niveau vêtements. « Quoi c’est déjà trop petit? » Et oui…
  • « Elle a mangé quoi à midi à la crèche? » Attends je branche mon pouvoir télépathique… ça arrive…
  • Lors des départs en vacances, la préparation de la valise d’Aïnoha me revient de droit. Vêtements, médicaments, carnet de santé… « Tu as pris assez de couches? » Non non, je suis joueuse.

Et puis il y a ces petits riens du quotidien qui à eux tous font beaucoup: l’impression que je n’ai pas le droit à l’erreur, que je n’ai pas le droit de flancher. J’imagine à peine avec effroi ce qu’il adviendrait d’eux si il m’arrivait quelque chose. Oh bien sûr il s’en sortirait super Papa, mais parfois il manquerait un body de rechange pour la crèche, ou bien ils se retrouveraient en panne de compotes pour le dessert. Rien de bien grave, en fait…

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Alors pourquoi je me mets autant de pression, pourquoi je m’interdis toute erreur? Sans doute parce que j’ai à coeur d’exceller dans mon rôle. Ma fille est ce que j’ai de plus précieux, je veux lui apporter le meilleur. Point.

Cette charge mentale au final, n’est-elle pas amplifiée par notre propre ambition?

Alors quelles solutions?

  • Lâcher prise. Du moins essayer. Savoir être plus tolérante envers soi-même quoi.
  • Déléguer. Pour celles qui le peuvent: Mamie vient garder bébé le temps d’un après-midi, Papa se charge du ménage cette semaine. Et on souffle.
  • S’accorder du temps pour soi: non négociable, c’est vital!
  • Prendre soin de soi: Masques, gommages, sport… on se chouchoute! Parce qu’on le vaut bien.
  • Etablir des priorités. On liste par ordre d’importance les tâches à exécuter. Et on s’y tient!

Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Je suis en pleine expérimentation de mes conseils, en espérant y trouver du mieux rapidement.

courage

 

 

Parce qu’être Maman il ne faut pas l’oublier… c’est du bonheur!

 

Avez-vous déjà ressenti cette pression dans votre quotidien? Si oui quel a été votre remède?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 commentaires sur “La charge mentale: et si on cassait le tabou?

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  1. La charge mentale… Je pense que nous y sommes beaucoup confrontées… Et que ça reste, en effet, un tabou !
    J’ai beaucoup aimé ton article ! Et les solutions que tu proposes à la fin ! Je pense sincèrement que « s’accorder du temps pour soi », c’est dur, c’est pas facile à mettre en place mais OUI, c’est VITAL.
    A bientôt,
    Charlotte.

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis en plein dedans. Je m’occupe de beaucoup de choses sur ma pause qui dure 2h30 (ménage, rangement, machine à laver, lave-vaisselle) … Mais bientot cette pause n’existera plus … Alors oui je rentrerai plus tot à la maison, mais Pantouflette sera avec moi, je serai donc moins « efficace ». Alors il me reste le lacher prise … Mais je n’arrive pas à profiter de ma maison quand mon ilot n’est pas immaculé et que des trucs trainent dans le salon – pour ce qui est du lave vaisselle, machine et le sol, ca va j’arrive à patienter et profiter du moment en sachant que ces choses sont encore à faire.

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis comme toi: difficile de profiter dans une maison qui crie son besoin d’attention! D’où mon rêve de voir une femme de ménage débarquer 2h par semaine.. juste ça… mais bon c’est du rêve!
      Je t’envoie plein de courage, tu vois, à lire les petits mots que je reçois je me rend compte qu’on est nombreuses dans cette situation.

      J'aime

      1. Oui moi aussi je pense que je vais rêver de cette femme de ménage … on est beaucoup dans le cas, je n’en doute pas et on a beau en discuter avec notre homme, une chose est sûre : nous n avons pas la même définition du mot « rangement »

        Aimé par 1 personne

  3. Ha ton article me parle tellement! La maman-couteau suisse qui doit assumer un nombre impressionnant de fonctions sans relâche! Moi aussi je suis crevée alors que Chéri est là le week-end et que La Bête fait ses nuits. Pourtant… Pourtant je suis celle qui la lève, la prépare, la dépose, la récupère, joue avec elle, s’occupe de son linge, de son sac, de sa valise, de ses repas… Je suis celle qui fait les courses, qui range les jouets le soir, qui s’occupe des animaux de la maison…Celle qui fait la vaisselle quotidiennement, lave la cuisine, fait les lessives. Celle qui ramène à la maison des copies à corriger, des cours à préparer, des rendez-vous à plannifier. Bref. J’envie à Chéri le temps qu’il a pour lui: quand La Bête est là, il peut vaquer à ses occupations librement, elle s’en fiche. Par contre si j’ai le malheur de vouloir m’octroyer dix minutes de correction, c’est le drame, elle déboule, m’escalade, crie. Je dois lui être consacrée, entièrement. Bref, je comprends très très bien ton article! Et le pire, c’est qu’il m’a pris l’idée de faire un deuxième bébé!

    Aimé par 1 personne

    1. En écrivant cet article, je me suis dit qu’on allait me prendre pour une enfant gâtée, ou une pleurnicharde. Alors ça me fait un tel bien de lire que non, contrairement à ce qu’on veut me faire croire, c’est bien normal de se sentir dépassée parfois!
      J’espère que tu trouveras le temps de te poser de temps en temps pour accueillir petit numérobis! ❤

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  4. Coucou, Je me reconnais parfaitement dans ton article. J’essaie de lâcher un peu prise sur le rangement et les tâches ménagères non vitales en les repoussant au week-end mais je n’ai pas encore trouvé de solution miracle. Bonne journée

    Aimé par 1 personne

    1. Et le week end on est débordées de ces tâches et on a le sentiment de ne pas profiter de la vie… un cercle vicieux! Bon si tu la trouves avant moi cette solution, je compte sur toi pour ne pas m’oublier lol!

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