Quand ton corps te dit STOP.

J’ai mis du temps à me décider d’écrire cet article. Tout simplement parce qu’il ne véhicule pas l’image de mon quotidien de Maman tout rose, que j’aime habituellement vous montrer.

Pourtant, au-delà du bien que me procure l’écriture, c’est un sujet que j’avais envie d’aborder ici aujourd’hui. Car peut être que d’autres se reconnaitront, ou peut être que non… mais en tout cas, c’est un épisode qui fait desormais partie de ma vie, alors pourquoi le cacher…

Vous l’avez lu furtivement il y a quelques temps: tout se passe assez mal pour moi au niveau de mon travail. Mais je n’ai pas envie (encore) d’aborder le sujet épineux du harcèlement moral. Non. Simplement vous situer le contexte émotionnel dans lequel je passe mes journées, tout en faisant mon maximum chaque jour pour être la meilleure des Mamans. Et je le dis: c’est parfois très difficile.

Difficile d’oublier ce que j’ai entendu et vécu durant la première partie de ma journée, difficile de faire totalement abstraction et d’avoir l’esprit joyeux en récuperant ma fille à la crèche, difficile de gérer cet ascenseur émotionnel qui oscille entre l’enfer et le bonheur total. Et je ne vous apprend rien: un tel stress, le corps ne peut pas le supporter indéfiniement…

Pourtant, chaque jour, ma résistance m’épate. Je n’ai effectivement jamais rien laissé transparaître. A part mes très proches, personne ne s’est douté un seul instant du tsunami qui avait lieu en moi. Ce tsunami qui en fait, commençait à avoir raison de moi… sans que je ne le sache.

Enfin… pas tout à fait. Car oui, tout au fond de moi, je le sentais. Je sentais la chute arriver, je sentais que je n’allais pas tenir encore longtemps. Mais on a toutes le même esprit, nous, les Mamans: on tient bon, tout simplement parce que ce n’est jamais le moment de flancher. Ce n’est pas le moment parce que bébé est malade, ce n’est pas le moment parce que chéri est surmené, ce n’est pas le moment parce que la panière à linge déborde. J’ai écouté mon cerveau sans relâche, sans une seule fois accorder de l’attention à ce que criait mon corps.

maman_malade

Et puis il y a eu ce dimanche, où malgré le fait que tout soit réuni pour passer la meilleure des journées en famille, je n’ai pas pu me lever. Rien ce jour-là n’a réussi à me donner le coup de fouet habituel, celui grâce auquel j’étais d’ordinaire capable de décrocher la lune pour ma petite famille.

Attendrie et émue par l’empathie d’Aïnoha, qui n’a cessé de venir poser sa main sur la mienne et de me faire des bisous en me voyant ainsi allongée, c’est le cœur en miettes que j’ai assisté de loin à notre dimanche en famille pourtant tant attendu chaque semaine. En tant que simple spectatrice.

Je me suis excusée mille fois auprès d’eux, j’ai voulu me rattraper en leur proposant une activité en fin de journée. Mais je n’ai tout simplement pas pu. Mon corps avait tiré la sonnette d’alarme.

Têtue, j’ai pourtant voulu continuer ma petite vie, ignorant une fois de plus des signaux pourtant tellement évidents. Les journées de travail m’ont paru une éternité, et je ne parle pas de la gestion ( seule ) d’une petite fille survoltée par sa journée de crèche de 17h à 21h. Je me revois lui dire »attends, Maman ne peut pas se lever pour le moment » alors qu’elle réclamait son bain. Culpabilité te revoilà.

Jusqu’à cette nuit blanche, puis ce matin où je n’ai pas réussi à me mettre debout. Contrainte de téléphoner à mon super patron pour lui annoncer que je ne viendrais pas, j’ai capitulé et accepté de me rendre chez mon médecin. Pas de fièvre, ni autres maux habituels en hiver. Je me sentais si mal, mais pourtant je n’avais pas de symptômes évidents. Alors… je lui raconte quoi au médecin? La vérité…

maman-malade

Le diagnostic ( flou ) est tombé: le stress et la fatigue m’ont rendue vulnérable, et un virus de la famille de la pneumonie a eu raison de moi. L’atroce douleur que je pensais musculaire et ignorais jusqu’à présent venait en fait de ma plèvre, autrement dit c’était une douleur pulmonaire. Après radio + prise de sang l’infection était confirmée, ainsi qu’un épanchement ( autrement dit de l’eau dans le poumon… sympa. ). Mon médecin m’a avouée être très étonnée que je sois autant touchée par ce virus à mon âge, et a fait directement le lien avec mon travail. « Autant de stress, ce n’est pas supportable à long terme ». Oh ça oui je le savais, je le ressentais. Mais je n’avais malheureusement pas de solution pour le moment.

Alors son verdict salutaire est tombé: deux semaines et demi d’arrêt. Repos obligatoire, ce genre de pathologie est autant soignée par les antibiotiques que par le repos. Il n’a pas fallu me le dire deux fois… quoi que

Avouez, c’est trop tentant: Maman surmenée, vous vous retrouvez tout d’un coup seule chez vous. En tant que maniaque forcément j’ai cédé: je me suis mise à jour dans mes lessives, fait le ménage à fond. J’ai avancé mes tâches administratives, et rangé… rangé…rangé. Alors pas seulement, non, chaque jour je me fixais un horaire pour m’installer devant un bon film et manger un délicieux petit plat. Après tout c’était mon rêve depuis des mois. Mais ensuite venait vite l’heure de récupérer ma petite tornade à la crèche, et ma vie reprenait son rythme soutenu.

images (9)

Alors au bout de deux semaines ainsi, à peine deux jours après l’arrêt du traitement, le nouveau verdict est tombé: rechute. Presque pire que les symptômes ressentis auparavant, car cette fois la fièvre était de la partie. Après 24h de souffrances, je me suis rendue à nouveau chez le médecin. Cette fois le message était clair: repos total, ou aggravation. Pire, j’ai entendu le mot « ponction« . Pour une phobique du médical, il n’en a pas fallu plus: j’ai enfin écouté mon corps, et je me suis arrêtée. Arrêtée de me soucier de tout sans arrêt, arrêtée de nettoyer, arrêtée penser que j’étais la plus forte.

Pendant à nouveau deux semaines loin de tout, j’ai enfin pensé… à moi. Bien entendu ma princesse n’y était pour rien, alors elle a bénéficié de toute mon attention quand son Papa n’était pas présent, mais contrairement à mon idée première, je l’ai amenée chaque jour à la crèche… malgré le fait que j’étais à la maison. Et ça croyez moi, c’est un gros progrès pour moi.

J’ai cessé de penser à toutes les merveilleuses choses que j’aurais pu faire durant ces 4 semaines d’arrêt, tout en assurant le minimum afin de satisfaire ma conscience. Je n’ai pas lavé les rideaux, je n’ai pas trié les tiroirs. Mais j’ai raccourci tout de même les journées de crèche d’Aïnoha en l’emmenant plus tard le matin, ce qui lui a permis de dormir à son gré et de prendre le petit déjeuner tranquillement avec moi, sans contrainte d’horaire. Bye bye les « allez ma chérie c’est l’heure », et ça, ça a complètement soigné mon moral.

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Car oui, il y avait les symptômes physiques à traiter, mais pas seulement. Cette période loin de ceux qui me causent autant de mal, et d’une vie qui en général ne me convient pas car elle me prive de moments privilégiés avec ma fille m’a redonné la pêche qui me faisait tant défaut depuis quelques temps. Alors bien que je sais que ce n’est pas définitif, que je vais devoir reprendre le cours de cette vie, je remercie la vie pour cette parenthèse, qui m’a montré à quel point mon quotidien peut être idyllique si je prenais la peine de trouver comment remédier à tout ce qui ne me convient pas.

Et il ne faut pas grand chose parfois pour se remotiver et reprendre les forces nécessaires…

Je me remets donc doucement, grâce aux médecins oui… mais surtout grâce à l’amour de ceux qui partagent mon petit nid, et qui m’ont montré à quel point ils étaient capable de me rendre ce que je leur donnais avec tant d’amour chaque jour.

Quand mon entourage me montrait toute sa compassion, la même phrase revenait souvent: « avec ta petite puce pleine de vie, c’est sûr, ça ne doit pas aider pour le repos… ». Et j’ai toujours répondu que bien au contraire, sans cette petite puce pleine de vie et son amour, je n’aurais trouvé la force de me lever tous les matins. Alors que non, elle n’était pas un obstacle à ma guérison, mais plutôt… le moteur.

maman_dort

Merci ma chérie de m’avoir montré que tu savais prendre soin de moi… maintenant, c’est à nouveau à mon tour de te prendre dans mes bras.

 

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6 commentaires sur “Quand ton corps te dit STOP.

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  1. Je ne pense que des mots postés sur un commentaire de blog peuvent apaiser, mais dans tous les cas j’ai envie de te dire courage. Je suis passée il y a peu par un burn out pour les mêmes raisons que toi. On ignore les signes pour tenter d’aller encore plus de l’avant, en se disant que ça ira et puis on s’écroule. Pour ma part, ça s’est manifesté par un regain de crises d’épilepsie. Courage encore une fois et une tonne d’ondes positives.

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  2. Ton article m’a beaucoup touché.. Ce n’a vraiment pas dû être évident pour toi… Entre l’envie de garder cela pour toi, de faire bonne figure, puis de flancher, de l’accepter, de culpabiliser, de te relever, de prendre soin de toi.. Comme tu le dis : un ascenseur émotionnel !
    Je te souhaites que ça aille mieux. Prends le temps dont tu as besoin. Et merci à Aïnoha d’avoir pris soin de toi… ❤

    Aimé par 1 personne

  3. ah ça parfois on veut aller trop loin et notre corps nous rappelle à l’ordre. je l’ai vécu deux fois et malheureusement même après on a du mal à ne pas refaire la même erreur

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