Verbaliser ses émotions: notre apprentissage du moment.

Chaque personne est différente: pour certains les mots s’utilisent avec facilité, pour d’autres il est plus difficile d’exprimer ses émotions en les verbalisant. Les mots, amis ou ennemis, font pourtant partie intégrante de notre quotidien, sans eux toute forme de communication serait impossible.

La communication… elle n’est pas innée chez tout le monde, c’est d’ailleurs la source de nombreux conflits, personnels ou professionnels. A mes yeux il est important de savoir s’exprimer, dans tous les domaines se faire comprendre est essentiel. Je me suis souvent retrouvée en difficulté à cause d’un manque de communication par le passé, et la seule bonne résolution que j’ai réussi à tenir jusqu’à présent est celle de ne plus me laisser marcher sur les pieds, et de m’exprimer.

Savoir communiquer c’est parfois tout un art, utiliser les bons mots, au bon moment, ça s’apprend. Mais pour cela il faut les connaître ces mots, enrichir son vocabulaire en lisant par exemple…

 

Les mots, lorsque l’on se sent bien avec eux, peuvent alors devenir une solide source de confiance en soi.

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J’ai toujours aimé lire petite, et le langage n’a jamais été un frein pour moi. Très tôt, selon mon entourage, j’ai su formuler des phrases et bien plus. Raconter ma vie aux vendeuses des magasins est alors devenu mon passe temps favori. Bavarde vous avez dit? Je vous rassure: ça a à peine changé. Plus réservée depuis l’adolescence, je conserve désormais mon flot de parole pour les gens que j’aime. Mes conversations téléphoniques quotidiennes avec ma Maman dépassent régulièrement les 60 minutes, et j’admet devoir parfois demander à chéri le fameux « qu’est ce que je viens de te dire?  » pour le réveiller. Cependant mon silence honore mon entourage professionnel, avec lequel je n’ai que très peu de points communs, mis à part quelques rares privilégiés avec qui je me plait à raconter ma vie durant nos incontournables pauses potins.

Je me fais cependant une joie d’exprimer mon point de vue, avec arguments et contre arguments à l’appui, lorsque cela est nécessaire durant ma journée de travail. C’est ainsi que j’ai su me faire respecter, et que j’ai pu gagner le respect de collaborateurs qui m’avaient un peu trop vite jugée comme  » la petite jeune ». Mais passons, je déteste parler boulot!

Les mots et moi vous l’avez compris on est amis, et j’aimerais transmettre cette faculté d’expression à ma fille. 

Aïnoha, du haut de ses 14 mois, commence à réellement bien se faire comprendre. Pour le moment c’est surtout par des gestes, des expressions du visage. Les mots ne sont pas encore son meilleur moyen d’expression, et c’est bien normal. L’acquisition de la parole prend du temps, et même si je vois bien que ce n’est pas l’envie qui manque, il est encore tôt pour elle.

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Elle pointe du doigt l’objet qu’elle convoite, ouvre la porte d’entrée pour me dire qu’elle veut jouer dehors, se blottit contre moi quand elle est fatiguée, va chercher son petit pot dans le placard pour que je lui fasse chauffer ( comprendre ici: « tu vois pas que c’est l’heure Maman, il faut tout faire soi même ici! » ). Ses attitudes traduisent parfaitement ses envies, son état d’esprit. Je suis rassurée quand je la sais à la crèche, car malgré son caractère posé et hyper patient, elle sait tout de même ne pas se faire oublier.

Depuis sa naissance, je parle beaucoup à Aïnoha. Je met des mots sur chaque action du quotidien, comme par exemple « on va changer ta couche », ou « as-tu faim? ». Car cela peut paraître un peu bête, mais ce n’est pas toujours un réflexe de parler à bébé. Les gestes se font parfois de façon mécanique, et on ne pense pas toujours à expliquer à son bébé ce que nous allons faire avec lui!

Pourtant il est important pour le développement de son langage de mettre le plus de mots possible sur son quotidien. Nommer les objets, expliquer, lire des livres, autant de moyens pour l’enfant d’apprendre par mimétisme! Nous avons une jolie collection de livres qu’Aïnoha prend plaisir à re re re re découvrir, en touchant les matières et en écoutant chaque petite histoire. Nous avons également beaucoup de livres imagés, illustrant par exemple la vie des bébés, avec le repas, le coucher, ou bien les animaux, les jouets… Aïnoha commence doucement à me montrer du doigt ce que je lui demande de chercher, comme par exemple le chat, ou bien l’arbre. Ainsi elle me montre qu’elle comprend parfaitement mes mots, il ne lui manque vraiment que la prononciation…

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[Certains parents apprennent à communiquer grâce à la langue des signes avec bébé, mais nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de tester ce mode de communication… Je serais curieuse de lire vos retours sur cette expérience! ]

De manière plus générale, j’aime communiquer verbalement avec ma fille. Sans parler de grandes conversations entre filles bien entendu, pour lesquelles il faudra encore patienter quelques années ( j’ai hââte!!! ), je lui pose des questions simples, ou bien je reformule ce qu’elle se contente pour le moment de me montrer du doigt. « tu veux dormir? » « quel livre tu choisis? » « c’est bien la compote que tu me demandes? » « ah oui, tu veux boire« .

Ma manière de m’adresser à elle a tout de même un peu changé. Les premiers mois je lui murmurais surtout des mots d’amour « tu es belle« , « je t’aime mon bébé« … et puis mon vocabulaire a évolué avec sa capacité à me comprendre. J’ai commencé à nommer les objets à ses 5 mois environ, puis à lui poser des questions récemment. Depuis peu je lui parle vraiment comme à une petite fille: « tu m’aides à enfiler ta manche? » « comment on met les chaussettes? Je te montre? « .

 

Je n’oublie pas non plus d’exprimer mes propres émotions face à ses actes. « Bravo ma chérie je suis fière de toi« , ou bien « je ne suis pas contente là tu le vois? On ne jette pas sa cuillère par terre« . Mettre des mots sur mes propres émotions, cela lui permet de les identifier, et de les associer à l’expression de mon visage. Ainsi j’espère que ça l’aidera à exprimer ses propres émotions, et à accepter le dialogue plutôt que de tout garder pour elle.

Je lis en ce moment « le petit cahier des émotions », un ouvrage super bien réalisé qui parle de l’expression des émotions avec les enfants selon les âges justement. Pour les intéressées c’est par ici

Et dans quelques années?

J’aimerais encourager Aïnoha à m’expliquer pourquoi elle était en colère par exemple, après l’avoir invitée à taper dans un coussin pour se défouler. Ou bien à me dire ce que je pourrais faire pour qu’elle se sente mieux si un conflit nous oppose. J’aimerais lui apprendre à nous confier, à son Papa et moi ce qui la dérange, mais pas seulement: elle pourra aussi nous exprimer sa joie, ses petits bonheurs de la journée. Et nous aussi d’ailleurs. La communication ça marche dans les deux sens. J’espère que super Papa jouera le jeu lui aussi.

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J’espère que notre communication sera complice, qu’on se racontera nos joies, nos peines, nos petites envies. Secrètement j’aimerais être la confidente de ma fille, comme ma mère l’est pour moi. Que notre relation ne se limite pas à mon seul rôle de veiller sur elle, mais qu’elle me fasse confiance, et qu’elle apprécie nos petits moments

Pour le moment je commence par construire, jour après jour, les bases de notre relation.

 

Comment se passe la communication chez vous? Les émotions, vous les verbalisez plutôt facilement?

 

 

 

 

 

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5 commentaires sur “Verbaliser ses émotions: notre apprentissage du moment.

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  1. Je parle énormément à Pantouflette avec de vrais mots mais aussi doucement avec des signes (car on apprend également). J’espère qu’elle puisse facilement exprimer un souhait, ou un inconfort afin de pouvoir rapidement agir pour répondre à ses besoins.
    Pour l’instant elle sourit quand on papote avec elle et regarde attentivement nos mains quand on signe. Nous verrons si cela porte ces fruits.

    Aimé par 1 personne

  2. Juste pour info, il y a plein de petit livre sympa pour « personnifier » les émotions. Une amie le propose à son fils quand elle le sent en colère, triste ou autre. Elle lui demande quel bonhomme il est actuellement et lui demande ce que dirait le bonhomme s’il pouvait parler. Ainsi elle arrive à savoir ce qu’il se passe facilement et en détournant son attention ce qui permet de l’apaiser facilement et rapidement

    Aimé par 1 personne

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