Accoucher la nuit… entre angoisses et douceur.

Si il y a bien une chose que les nombreux témoignages que j’ai lu/ vu/ entendus ont en commun, c’est que bien souvent accoucher de nuit angoisse davantage les futures Mamans. Pourquoi? Sans doute parce que nos peurs sont souvent amplifiées la nuit tombée, et que ce moment particulièrement anxiogène pour beaucoup se révèle alors insurmontable.

Pour ma part accoucher tout court me faisait peur. Lors de mes pronostics durant ma grossesse je n’arrivait pas à me décider: quel était le scénario idéal en fait? Accoucher tôt le matin, en plein après-midi, ou bien la nuit… Chacun d’eux comportait selon moi son lot d’avantages et d’inconvénients. Je vous livre un petit exemple de ma liste  » qui n’a servi à rien, juste à me stresser un peu plus » ( futures Mamans promis, ceci fût le fruit de mon imagination… rien ne s’est passé comme ça… ):

  • Accoucher le matin. Avantage: Le jour se lève, on a toute la journée ensuite pour faire tranquillement connaissance avec bébé, et se remettre de nos émotions. Inconvénient: Qui dit accouchement le matin dit travail et contractions toute la nuit. Légèrement épuisant sans doute…
  • Accoucher l’après-midi. Avantage: En ce qui me concerne, c’est le moment de la journée où je suis ( théoriquement ) la plus en forme, et donc plus à même de faire face à la douleur. Inconvénient: C’est l’heure des bouchons sur la route, et c’est également l’heure ( toujours selon moi bien entendu ) à laquelle le personnel de la maternité est plus susceptible d’être fatigué. Et donc moins patient/ attentif à mes petits maux.
  • Accoucher le soir. Avantage: Une sage femme toute fraîche en début de garde, et la chance d’avoir pu manger au moins un bon petit déj’ le matin. Inconvénient: La fatigue d’une longue journée passée sous monitoring doit être difficile à gérer.
  • Accoucher la nuit. Avantage: Pas de réveil en panique ni de départ à la maternité précipité, tout se sera fait en journée. Inconvénient: C’est quasiment certain qu’un accouchement de nuit va de pair avec plus de 24h sans dormir…

On est d’accord, une telle liste ne sert strictement à rien. Déjà parce qu’il est impossible de prédire à quel moment de la journée on va accoucher, et ensuite parce que quand on y connaît rien on ne se rend pas compte de ce que ça impliquera. C’était mon cas. En fait j’essayais tant bien que mal d’anticiper, de planifier, comme j’aime si bien le faire. Mais force est de constater qu’un moment aussi intense dans la vie d’une femme ne s’anticipe pas de cette manière. Bien au contraire, bien souvent une grande partie sera improvisée. Et c’est ce qui fait tout son charme non?

bébé-nuit

Alors finalement… verdict? Pour ma part le destin a finalement fait les choses d’une manière qui m’a totalement satisfaite. Premières contractions à 4h30 du matin, à moitié endormie j’ai mis du temps à comprendre que « c’était les bonnes » ce qui m’a permise d’être prise au sérieux quand j’ai téléphoné à la maternité à 6h30. ( «  2h de contractions régulières et rapprochées? Oui oui vous pouvez venir!  » ). Le temps de me doucher, de me faire des soins + épilation + shampoing ( on sait combien c’est difficile après avec un tout petit bébé… ), de me gaver d’un énooorme petit déj’, et me voilà sous un premier monito vers midi. Je passe certaines étapes, mais en gros la perte des eaux ayant eu lieu vers 17h, le travail vraiment hard a eu lieu en fin d’après-midi. J’en profite pour rayer la mention  » l’après-midi je suis plus en forme pour faire face à la douleur« …

Vers 19h ma péri en place et ma sage femme toute fraîche de début de garde avec moi, j’ai commencé à apprécier l’idée d’accoucher de nuit. Elle a baissé les stores, tamisé les lumières, et je me suis sentie de suite apaisée. En fait elle était juste canon mon ambiance cosy! On chuchote. On me chouchoute. La maternité se vide de ses visiteurs, l’équipe est plus restreinte. . Et nous deux, un peu fatigués, un peu perdus face à l’inconnu, on rigole, on se prépare doucement à notre vie à trois…

Le soir je ne reçois plus de textos: mes proches, impatients mais endormis, sont partis se coucher. Et j’adore. On se retrouve juste nous. Juste l’essentiel. Et notre ange gardien qui revient sur ses positions: bébé avance vite, ce ne sera pas vraiment un accouchement de nuit, mais du soir. Le pari lancé nous occupe bien: bébé va naître en Août ou en Septembre? Que décidera t-Elle?

23h: Je dis à prince charmant:  » et si on en profitait pour dormir un peu? Car après Elle aura besoin de nous… « . Il est d’accord. On se met une musique douce… on ferme les y… Non la porte s’ouvre. C’est maintenant. Pas dans une heure ou deux comme prévu? Non maintenant. Je souris: le Papa a perdu son pari. Sa fille veut naître en Août. Dehors il fait nuit noire oui. Et pourtant je n’ai pas peur. Au contraire. La lumière tamisée m’a apporté toute la sérénité dont je rêvais pour mon accouchement. Je suis heureuse. 23h37: Elle est là. Sans avoir attendu minuit. Ce sera donc le 31 août. C’est toi qui l’aura décidé…

[ Et puis il y a eu ces deux heures au sein et en peau à peau, ces 2 heures hors du temps, sans un bruit à l’extérieur. Pas d’appel intempestifs de nos proches, pas de remue ménage dans les couloirs. Juste nous. C’était magique. Accoucher la nuit c’est magique en fait. Nous avons gardé  » la nouvelle » pour nous toute cette nuit-là. Notre petite bulle était parfaite. Une courte nuit de récupération, et le ballet des visites a pu commencer le lendemain. La ville s’est éveillée, le jour s’est levé sur notre première journée à trois. Comme un commencement. ]

lune-bébé

Pour moi accoucher la nuit tombée a vraiment été symbolique. Comme si cette journée si spéciale s’était terminée par le plus beau des cadeaux. Juste avant minuit. Pour commencer notre nouvelle vie ensuite avec le lever du jour, une nouvelle journée, un nouveau mois.

Je ne sais pas si j’aurais pu bénéficier de toute cette attention et tous ces moments de sérénité en plein jour, j’en suis certaine en fait. Alors je le confirme: futures Mamans, n’ayez plus peur! Accoucher de nuit en fait, c’est que du bonheur…

 

Et pour vous? La plus belle rencontre, c’était un matin, un après-midi, ou une nuit?

 

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2 commentaires sur “Accoucher la nuit… entre angoisses et douceur.

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  1. C’est drôle comme les ressentis diffèrent. J’ai accouché deux fois la nuit, et dans ma tête, un accouchement ca se passe la nuit. Peut être parce que justement la nuit, c’est plus intime, c’est le calme, le repli sur soi, le moment qui n’appartient qu’à moi. Je ne me vois pas du tout accoucher de jour. Mais bon, personne ne sait!

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